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Editing : l’art de retenir l’attention et


d’inciter


à lire


Vous avez terminé la rédaction de vos articles et vous pensez avoir fini ? Erreur ! Commence maintenant un travail décisif : l’editing… Soit l’élaboration de l'appareillage* du texte : surtitre, titre, chapeau, exergue, intertitre, légendes photos, etc.


1 - POURQUOI CE TRAVAIL EST- IL  IMPORTANT ?


(visuel  Neuilly sur Seine )

La vision humaine est d’abord globale.



Les habitudes de lecture relèvent aujourd’hui du zapping. On commence d’abord par feuilleter. Un titre, une photo retiennent l’attention du lecteur (leur impact est respectivement de 75 % et 100 %), mais ira-t-il plus loin ? 

Oui , si et seulement si, les accès au texte (surtitre, titre, chapeau, exergues, intertitres, photos et légendes photos, encadrés, puces informatives) confirment son choix de lecture. D’où l’intérêt de soigner particulièrement cet « appareillage » qui soutient et anime l’article, écrit bien sûr selon les règles de la inversée*



2 – QUEL EST LE RESSORT PRINCIPAL ?

D’une manière générale, pour la photo, le titre et les exergues (les éléments les plus en vue), utilisez tout ce qui retient l’attention : notoriété, rareté, originalité, proximité (temps, lieu, etc.), valeurs sociétales, actualités, air du temps…


3 – QUI SE CHARGE DE L’EDITING ?

Ce travail est normalement réalisé par le secrétariat de rédaction.  Mais comme il porte en priorité sur le sens (la forme doit cependant aussi être prise en compte), l’auteur peut parfaitement le prendre en charge. Il permettra éventuellement de repérer des défauts de votre texte et de le recentrer afin qu’il corresponde bien à ce que vous annoncez dans les éléments d’editing.


4 - REGLES DE BASE

• Plus l’appareillage est important (en proportion cependant avec la taille du texte), plus l’article a de chances d’être lu. La multiplicité faisant écho à la diversité des centres d’intérêt des lecteurs.

Les différents accès au texte, s’ils forment évidemment un tout, doivent pouvoir être compris indépendamment les uns des autres. Il s’agit là de gérer une lecture rapide du document.
L’ensemble des éléments s’intègre dans une hiérarchie (choix de police, de taille de corps, de graisse, de couleurs, de gestion des espaces vides). Ceci afin de faciliter la circulation du regard du lecteur.
Nous utiliserons également les genres journalistiques*.


5 – TITRE et SUR-TITRE

Le titre a pour but d’annoncer le sujet que le chapeau situé juste en dessous (ou à proximité) va détailler.

Exemple 1 :

- (titre) Benoît XVI en France
(chapeau) Pour sa première visite à la fille aînée de l'Église, le pape se rendra d'abord à Paris puis à Lourdes. Une rencontre très attendue par les catholiques et bien préparée par Rome.

• Il est de préférence court, si possible avec une qualité stylistique (jeu de mot, image, rime, allitération, consonance, etc.)

Exemple  2 : Le pari du pape.

• Il forme un couple avec le surtitre qui le libère

Exemple 3 :

- Le pape à Paris les 12 et 13 septembre 2009.
- (surtitre) 12-13 septembre 2009
   (titre) Le pape à Paris.

• Travailler par liste associative de mots pour trouver le bon titre.

Il existe deux types de titre : informatif ou incitatif (curiosité)

Exemple 4 :

- Le pape à Paris!
- Paris attend le pape.


5 – CHAPEAU

Le chapeau donne la teneur de l’article et son ton en énonçant le message essentiel* de l’article dont il peut dévoiler le ressort principal (Voir Ex . 1 : la curiosité des catholiques et la préparation du voyage par Rome). Souvent le pourquoi du choix de ce message ou sa principale conséquence. En bref, c’est un résumé partiel valorisant de l’article .Le chapeau doit expliciter le titre si ce dernier est incitatif (Ex. 4 : (titre) Paris attend le pape. (chapeau) Le saint Père a choisi la capitale pour sa première visite en France. De nombreuses rencontres auront lieu avec les catholiques mais aussi notamment avec les représentants des arts et des lettres.)
Un chapeau doit être relativement bref puisqu’il sert de pont (à franchir rapidement) entre le titre et l’article. Ceci d’une manière proportionné : d’environ 1 ligne pour 1000 signes.
Sa rédaction doit être d’un style vif et clair (aucune ambiguïté quant à sa compréhension).
Attention à la cohérence avec le texte de l’article. Le lecteur doit retrouver dans le texte ce qui est annoncé dans le chapeau. C’est la raison pour laquelle il est rédigé après l’écriture de l’article. Cependant la rédaction du chapeau avant celle de l’article peut aider à bien cadrer son propos lorsque le sujet est difficile, complexe.


6 – MISE EN EXERGUE (INCISE)

La mise en exergue d’une idée forte du texte d’une manière forte visuellement a pour but d’accrocher le regard du lecteur, piquer son intérêt et donc de confirmer son choix de lecture.  Elle se lit généralement après le  titre (et éventuellement son chapeau) et la photo (si elle existe).
Cette incise (incitative ou informative) doit être originale, surprenante et/ou rare. Idéalement, elle doit répondre partiellement à la problématique annoncée dans le chapeau ou/et le titre.
Le message est bref : de 3 mots clés à une courte phrase que l’on doit alors retrouver dans le texte (dans une forme qui peut être différente mais reconnaissable).


7 – PHOTO ET LEGENDE PHOTO
Une image (dessin ou photo) parle : elle est porteuse d’un message explicite ou symbolique. Attention à ce qu’elle ne contredise pas le titre mais au contraire à ce qu’elle s’articule avec lui en le renforçant, l’explicitant, voire le justifiant ou en élargissant sa portée.
Toute photo doit être légendée : qui, quoi, où, quand, comment. C’est le lieu idéal pour donner une information importante mais toujours complémentaire au texte (par principe, les redites sont exclues). Son crédit*   doit être indiqué.
Son impact est lié à sa taille (plus la photo est grande, plus il est grand mais attention à la qualité de la photo) et à la force de son message (qui peut alors remplacer beaucoup de texte).


8 – INTERTITRE
Il permet de diviser le texte en petite unité de lecture et donc d’en faciliter l’abord : un long texte homogène (sans rupture visuelle) « fait peur ». Éviter que deux intertitres se retrouvent sur une même ligne horizontale. De même, ils ne doivent pas se succéder sur deux colonnes consécutives.
Il permet également un accès direct dans le texte car il reprend généralement un, deux ou trois mots clés situé(s) 3 lignes au-dessus ou en dessous de lui. Cependant, il peut être, pour des raisons de mise en page, non lié directement au texte : dans ce cas, il doit correspondre à une partie du texte se situant dans la même page.
Il est généralement écrit en gras et en couleur, voire en capitale pour bien attirer l’attention.


9 – PUCE INFORMATIVE ET ENCADRE

Un petit encadré (100 à 500 signes) additif à caractère informatif – du genre « aller plus loin » (avec bibliographie ou lien internet par exemple), « petite biographie », etc. –  est un outil supplémentaire pour animer un « blanc ». C’est un plus qui valorise l’ensemble et témoigne d’une attention particulière de l’auteur pour le lecteur en anticipant un complément d’information qu’il pourrait souhaiter.


*APPAREILLAGE : on désigne par ce terme l'ensemble des voies d'entrée dans le texte (titre, chapeau, intertitre, incise,...). Le travail sur l'appareillage s'appelle l'editing.

*MESSAGE ESSENTIEL / PYRAMIDE INVERSEE : Règle d’écriture journalistique qui veut que le message essentiel du texte se place dans ses premières lignes.

*CREDIT PHOTO : Indication donnant le nom de l’auteur.

*GENRES JOURNALISTIQUES : Ce sont les formats d'écriture employés couramment par les publications.  Brève, filet, entrefilet, portrait, interview, dossier, enquête, etc. se définissent par leur contenu et leur calibrage.

  
  
editing conseils pour faire un journal paroissial
FICHE PRATIQUE : L'appareillage, c'est quoi ?